Appel au secours de MySQL de l’emprise imminente d’Oracle

Le créateur de la Base de données Open source MySQL, Michael « Monty » Widenius, a lancé récemment un appel au secours à la communauté internationale des utilisateurs de MySQL pour sauver la base Open source de l’emprise d’Oracle, sur le point d’acquérir Sun Microsystems, le propriétaire actuel de MySQL.

L’objectif de cette alerte est de mobiliser la communauté open source pour signer une pétition et demander à la Commission européenne qui enquête anti-trust sur la régularité de cette acquisition, des garanties supplémentaires à Oracle afin de pérenniser l’avenir « open source » de la Base de données.

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« J’ai passé 27 années à créer et faire évoluer MySQL et j’espère encore y travailler de nombreuses années. Comme vous savez, Oracle essaie d’absorber Sun, et comme Sun à son tour fait l’acquisition de MySQL l’année dernière, Oracle entend ainsi mettre la main sur MySQL. Avec votre soutien, il y a de fortes chances pour que la Commission européenne demande à Oracle de [...] donner d’autres garanties aux utilisateurs. Sans votre soutien, cela risque de ne pas se faire. La Commission européenne est notre dernier espoir vraiment important maintenant que le gouvernement américain a approuvé le rachat« , écrit Michael Widenius sur son blog.

Et d’ajouter « Je ne crois pas qu’Oracle corporation sera une bonne demeure pour MySQL »

Oracle n’a pas tardé à réagir et rassure

Réagissant à cette offensive, Oracle a bien promis la Commission européenne de prendre soin de MySQL et d’investir davantage dans le développement de la base Open source.

Le géant mondial des bases de données a aussitôt publié un communiqué à l’intention des clients, développeurs et utilisateurs de MySQL, en faisant dix engagements de nature à garantir la compétitivité de MySQL si le rachat de Sun est conclu.

Oracle a notamment promis de continuer à publier et améliorer les interfaces de programmation (API) pour intégrer un moteur de stockage à MySQL, ou encore de ne pas demander de publier sous licence GPL les mises en oeuvre des moteurs de stockage s’appuyant sur ces API. Oracle précise qu’il s’engage ainsi pendant cinq ans à partir du rachat effectif de Sun.

Des promesses qualifiées de « purement cosmétiques et totalement inefficaces » par le clan « Monty » qui malgré ces promesses de la part de l’exécutif d’Oracle, reste pessimiste : « Cela ne constitue pas une preuve que [...] MySQL conservera sa puissance concurrentielle dans le marché actuel des bases de données« .

Les enjeux d’une telle acquisition

Remontons aux faits : Il y a dix ans, quand MySQL était limité à un usage orienté pour le web, le produit est devenu très fonctionnel, évolutif et crédible. Aujourd’hui, la réalité est autre, les plus grandes entreprises au monde l’utilisent pour un tas d’applications. Ceci n’a pas seulement fait peur à oracle, ça l’a carrément fait mal chaque jour.

Oracle était contraint de baisser les prix constamment pour être compétitif à MySQL.

Des entreprises de grande taille ont même migré leur bases Oracle vers MySQL pour faire des économies, et n’ont jamais regretté à ce jour cette migration.

un MySQL faible vaudra près d’un milliard de dollars de gains par an à Oracle, peut être plus. A l’opposé, un MySQL fort ne pourra jamais générer assez de bénéfices pour Oracle.

Pour « Monty », Sun avait tout intérêt à développer le produit. Au contraire, Oracle a toutes les raisons de ne pas le faire. Selon ses estimations, Oracle perd 1 Md$ de bénéfices chaque année rien que parce que MySQL existe. MySQL avait l’ambition de réduire le marché des bases de données de 15 Md$ à 1 Md$, or Oracle est le plus gros bénéficiaire de cette manne ! Pourquoi diable continueraient-ils de développer le produit ?

Il y a donc là un fort risque de fausse concurrence sur le marché des bases de données que pourrait induire un rapprochement de MySQL et la base d’entreprise d’Oracle.

Pour l’anecdote, notons que Richard Stallman, père spirituel du mouvement open source GNU, a affiché lui aussi son opposition à la très propable acquisition de MySQL par Oracle.

Les prochains seront vraisemblablement décisifs pour l’avenir incertain de MySQL.

Affaire à suivre !

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